Mar 182011
 

Les étudiants de 2e année, par la fête de la francophonie alléchés, ont décidé tout d’un coup de s’y rendre. Pas deux ou trois, en désordre, non, tous ! Le chef de classe a rassemblé les énergies (et les finances) et les lecteurs de français ne se firent pas priés pour répondre présents à l’invitation.

Ambiance sortie scolaire donc, la discipline en moins, nos étudiants étant majeurs depuis deux ans à défaut de paraitre tout à fait vaccinés… ils font si jeunes ! Dans le train qui nous conduit dès l’aube à Pékin, les langues si timides en classe se délient, et formulent plein de questions. On devrait sortir plus souvent avec eux. À Pékin, c’est la grande traversée pour rejoindre le CCF : bus 52, métro 1 puis ligne 2 jusqu’à Chaoyangmen.
À peine arrivés, un hasard incroyable me fait rencontrer l’attachée de Coopération pour le français venue participer à une conférence de presse. Ne comptant pas son temps, elle nous organise sur-le-champ plusieurs réjouissances pour la journée. Quelle chance ! Les étudiants ont droit à une visite guidée de la médiathèque par son responsable, à un bout de conférence de presse puis, à 14 h30, à une séance privée d’un film canadien biographique sur André Mathieu. Le reste de l’après-midi sera consacré à l’expo BD francophone à l’étage de l’Alliance, la découverte individuelle de la librairie et de la médiathèque, et à une visite à Campus France, l’organisme chargé d’accompagner les étudiants dans leurs études supérieures en France.

Nous avons pu obtenir quelques places pour le concert du soir. Pas assez hélas pour tous les étudiants. Un concert plus qu’honnête, avec quatre invités qui terminent leur tournée conjointe en Chine : Aliose (Suisse), Cloé du Trèfle (Belgique), Alex Nevsky (Canada), et notre Arnaud Fleurent-Didier national, sans chauvinisme aucun, le plus vibrant des quatre.
Un artiste que je découvre en Chine, pas une belle voix, mais des textes novateurs, une intelligence aiguisée et une grande maitrise de la scène où peu de choses semblent laissées au hasard : évocation subtile du printemps étudiant français (mémé 68), duo en Chinois avec piano et erhu, sous-titrage des mots de la chanson France-Culture, même les paroles de Reproduction semblaient couler comme du français facile(*)

Pour nos étudiants, souhaitons que cette journée soit un levier non seulement pour l’apprentissage de la langue, mais aussi des cultures françaises et francophones. Quel dommage que Pékin soit encore trop loin de Baoding !


(*) Paroles de Reproduction (extrait).

J’ai entendu une chanson
Ce matin à la radio

Au début c’était pas bon
Au début ça sonnait presque faux

Mais juste après le premier refrain
Y a eu ce truc étonnant
Je me souviens plus très bien
Mais j’ai trouvé ça vraiment vraiment

Au début je crois que j’ai rien compris
Le texte était trop compliqué
Puis j’ai trouvé ça bien écrit
Ces métaphores alambiquées
Etaient chantées par un garçon
Qui a pas mon nom qui a pas ma voix
Il parle d’une fille qui a pas ton nom
Mais quand je l’imagine je te vois.


Pour citer cet article (format MLA) : Traynard, Yves. « Sortie universitaire ». ytraynard.fr 2021 [En ligne]. Page consultée en 2021. <https://www.ytraynard.fr/2011/03/sortie-universitaire/>

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