Sep 262008
 

On a parlé un peu vite d’un monde multi-polaire qui sous-entendrait un affaiblissement des confrontations. Il semble que la bi-polarisation reprenne du poil de la bête entre notre « Ouest » et le « Reste du monde ». Dans un article du Monde, Natalie Nougayrède et Philippe Bolopion en signalent les causes invoquées au Sud(*) :

  • Notre implication en Irak et en Afghanistan,
  • Nos négligences dans le partenariat Nord-Sud,
  • L’absence de solution à la question palestinienne,
  • Nos positions au Kosovo et le faux-pas géorgien,
  • L’impossible réforme de la composition du conseil de Sécurité pour permettre aux puissances émergentes d’être associées aux décisions,

et les conséquences dénoncées au Nord :

  • La perte de la capacité d’entrainement de l’Occident à l’ONU,
  • L’affaiblissement de l’universalité des droits de l’homme (Birmanie, Soudan, Zimbabwe, monde musulman…),
  • Une polarisation doublée de l’émergence d’un nouveau tiers-mondisme soutenu par la Chine et la Russie.

Il n’y a pas de quoi se réjouir. D’autant que les désordres du système financier, les problèmes environnementaux et la sécurité alimentaire – dont la responsabilité incombe principalement à l’Occident mais dont les répercussions touchent violemment les pays du Sud – promettent l’amplification des polarisations. Les principes auxquels nous sommes attachés risquent fort d’être jetés avec l’eau du bain et le dialogue indispensable à la résolution des questions planétaires pourrait bien s’enliser au moment même où il y a urgence.


(*) A l’ONU, les Occidentaux aux prises avec les puissances émergentes, Natalie Nougayrède et Philippe Bolopion (correspondant aux Nations unies), Le Monde, 22 septembre 2008.