Nov 112006
 

Inhambane (Mozambique)
 
Inhambane(*) fait mentir mon Sud-africain d’hier. C’est une petite ville très bien entretenue, avec une large avenue ombragée prolongée d’un long débarcadère qui plonge dans l’étroite baie. Elle est posée sur un isthme d’une quinzaine de kilomètres de large et tourne le dos à l’Océan indien pour mieux contempler les dunes boisées du continent. Une ville qui a de l’allure avec un patrimoine architectural colonial impressionnant. C’est qu’elle fut la troisième ville du pays à l’heure où Maputo n’était qu’un marécage saumâtre. Troisième derrière Ilha et Sofala(**). Si Ilha est à l’abandon, Inhambane, plus récente, a gardé son statut de capitale régionale, se maintient. C’est une ville administrative et de villégiature très calme aux villas fleuries qui semblent inhabitées.
Dès l’aube je me promène sur le front de mer pour admirer le va et vient tranquille des voiliers traditionnels qui traversent la baie. Puis j’arpente les rues de la ville pour admirer son patrimoine XIXe s. La lumineuse Nossa Senhora da Conceição, la vieille mosquée de 1840, le temple hindou, sa sinistre maison de traite des esclaves, la très New-Orleans Casa Hoffmann, l’école des filles, le conseil municipal et enfin son vaste catalogue d’édifice Art déco dont le cinéma Tofo est le plus élégant représentant(***).
A l’heure chaude, je suis allé perdre mon temps à Tofo de l’autre côté de l’isthme face à l’Océan indien. Malgré son aura Tofo est TRES décevante(****). Ce repère de backpackers sud-af’ ambiance mi-rasta, mi-rave party ne propose pas même l’ombre d’un palmier au sens propre. Quelques filaos, une plage sans charme, des bars, de l’alcool, de la musique et tout le désordre d’une station qui a poussé sans aucun schéma d’urbanisme. On en vient presque à souhaiter un tsunami chirurgical.
Je me console d’une langouste grillée au Maçaroca(****) avec Christopher de l’Ontario qui partage avec moi le dormitory de la pension Pachiça. Il travaille sur des projets agricoles pour l’agence de coopération canadienne. Une occasion inattendue d’échanger nos expériences.


(*) prononcer «ignambane»
(**) l’actuelle Beira que je n’aurais pas eu l’occasion de visiter durant ces six mois.
(***) il existe un ouvrage passionnant qui recense très fidèlement les édifices d’Inhambane. Inhambane, elementos de história urbana, Edições FAPF-UEM, Maputo 2003. Disponible à la bibliothèque du CCFM. Dans la même collection on trouve un tout aussi capital «île d’Ibo» dont le relevé minitieux de chaque immeuble (plan, histoire…) est une prouesse de patience et me fait regretter de ne pas avoir visité cette petite île. Je rêve d’un «Ilha du Moçambique» du même éditeur.
Au passage un autre ouvrage sur l’urbanisme du Mozambique avec plein de cartes. O desenho das cidades. Moçambique até ao séc. XXI-edições FAPF-UEM, Maputo 2005. Enfin le site de l’UEM : http://www.architecture.uem.mz
(****) Chapa Inhambane-Tofo : 15 MTn. 30mn. Navettes jusqu’à 19h environ. A Tofo bar Dino’s ; juste pour l’exemple on y mange très mal.
(*****) A Inhambane, restaurant Maçaroca : 10 euros la langouste. Également crevettes et Caril de crabes coco. Excellente table.


Pour citer cet article (format MLA) : Traynard, Yves. « Inhambane ». ytraynard.fr 2021 [En ligne]. Page consultée en 2021. <https://www.ytraynard.fr/2006/11/inhambane/>

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