Nov 122006
 

À l’aube je dois me rabattre sur un bateau à moteur pour me rendre à Maxixe. Dommage mais le dimanche les beaux voiliers font la grasse. A l’embarcadère même les bancs portent l’emblème de la CFM. L’omniprésence de vestiges de la fameuse compagnie ferro-portuaire(*) illustre parfaitement le rôle de désenclavement régional assigné historiquement au Mozambique. 20 mn de traversée et je suis à Maxixe(*). La coque de noix est chargée à bloc des vendeuses du marché et de leurs marchandises. Elle tangue dangereusement au ras des vagues au point d’éclabousser les passagers. C’est le prix à payer pour être aux premières loges. Peine perdue Maxixe n’a rien du port cossu de son aînée. Son seul atout, à l’heure de la faillite du rail et du bateau, est son emplacement privilégié sur l’EN1 la route principale du pays qui relie Maputo à Nampula. Une grande mosquée, un vieux marché, une vieille église, quelques façades Art déco, les lavandières à flanc de colline et la visite est terminée. Quand il n’y a rien à faire au Mozambique (comme ailleurs) on peut toujours se poser dans un débit de boisson. La terrasse andalouse de la poussada de Maxixe au bar impressionnant par sa variété d’alcool et, face au triste Dauphin bleu, le restaurant Stop. Son patron est aussi impératif que l’enseigne. Il faut arroser les plantes du beau jardin de cette façon, présenter les plats de cette manière, passer à la caisse AVANT de servir un plat,… il aboie, se fait ouvrir les livres de comptes, convoque les employés un à un pour les sermonner… les serveurs abhorrent une moue qui semble dire Stop !
Retour à Inhambane le temps d’une ultime visite et de mettre la main sur un tesson original pour ma collection. Certainement pas le plus vieux(***), mais ce fragment de tuile fabriquée à Marseille et tombé du toit d’un vieil entrepôt est assez singulier. Est-ce l’effet des Tropiques ? De la fière devise il ne reste sur mon tesson que le TION de PERFECTION qui décidément n’est pas de ce monde non plus.
Le bus de 11h met fin à ma visite express d’Inhambane. J’ai eu beaucoup de chance. L’angine s’est faite oublier dès le premier jour malgré les dix heures de bus en plein courant d’air, le soleil était doux et la visite passionnante valait bien les 24h de transport. Nous trouvons la pluie sitôt traversée l’immense et herbeuse plaine du Limpopo où paissent de gras troupeaux. A 21h les pieds dans l’eau, j’attends un chapa qui me ramènera de l’entrepôt Oliveira à chez moi.


(*) traversée 12MTn.
(**) à Maputo la CFM possède toujours une part importante de la ville basse.
(***) à Ilha – comme à Lamu – j’ai trouvé sur la plage des débris de vases chinois bleu-blanc bien plus anciens.


Pour citer cet article (format MLA) : Traynard, Yves. « Dernières heures à Inhambane ». ytraynard.fr 2021 [En ligne]. Page consultée en 2021. <https://www.ytraynard.fr/2006/11/dernieres-heures-a-inhambane/>

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