Avr 302007
 

Malacca, en bus Panorama(c) Yves Traynard 2007J’ai inauguré aujourd’hui la toute nouvelle ligne de bus «hop-on hop-off» de Malacca, dont la mode s’est imposée depuis quelques années à Paris et dans d’autres capitales. Le soleil brûlant et les pluies diluviennes ont eut raison de l’étage à ciel ouvert, mais les larges baies vitrées permettent parfaitement d’observer la ville. Et comme ces autocars sont climatisés, contrairement aux bus municipaux totalement hors d’âge, on n’en descendrait plus. Le principe est simple. Moyennant un forfait très modeste (0,5 €) on peut monter et descendre à volonté à l’un des 22 arrêts de l’unique ligne. C’était assez drôle d’assister au baptême de bus des familles malaccaises un peu déroutées par ce tarif à la journée et surtout le paiement dans l’urne à la mode singapourienne avec appoint obligatoire (efficacité oblige !)
Le circuit dure une bonne heure ce qui est beaucoup d’autant que le bus s’égare dans des lieux guère touristiques. Et c’est là que ça devient intéressant puisque l’on découvre des usines, des friches, des PME, des banlieues résidentielles avec pavillons en lotissement et immeubles récents coexistant avec des maisons traditionnelles en bois bien entretenues, des infrastructures (hôpitaux publics et privés, routes, mosquées d’État, centres commerciaux…) tout un monde au présent qui soulève mille questions. Sur le logement par exemple : prix du m2, quartiers huppés/populaires, proportion propriétaire/locataire, crédit immobilier, aide de l’État ou des employeurs, superficie par famille, où s’installent les enfants après le mariage, la question de l’héritage, le regroupement communautaire, la sécurité des biens et des personnes, les emprunts aux styles architecturaux locaux, etc…
Pour une ville de cette taille une excursion banlieusarde en bus semble tout à fait jouable… à condition de trouver un guide non seulement très bien informé mais aussi capable de rendre vivant un tel exposé en proposant des parallèles par rapport à ce que vit le voyageur chez lui.
En tout cas cette visite donnerait une vision plus juste de la réalité et montrerait clairement que les splendides shop-houses peranakans et les maisons malaises sont aujourd’hui un mode d’habitat très marginal.
Ayer Keroh, Feuille (c) Yves Traynard 2007Initialement ce trajet qui s’est révélé instructif était destiné à me conduire à la gare centrale pour une correspondance vers Ayer Keroh(*) où s’agrandit un vaste parc d’attractions pour l’heure très décevant. Je n’ai pas vu le zoo, mais la «jungle» de la recreation forest était franchement trop domestiquée. De plus n’ayant ni les moyens ni le savoir-faire de Singapour dans ce domaine il serait plus judicieux d’en faire un peu moins côté aménagement (musées sans intérêt voire fermés, jets d’eau ridicules, allées bordées de sansiveria) et se consacrer à l’entretien (ordures étalées, promenade sur la canopée fermée…) Le site gagnerait en naturel.
Le musée consacré aux Orang Asli, aborigènes de la Péninsule malaise était très intéressant, non pour les vitrines où l’on ne voit rien de ces habitants « premiers » de l’île, mais pour le discours des textes de présentation. Une très bonne opportunité pour parler de la question des peuples autochtones. Entre revendication et manipulation, survie des cultures, compromis, intégration, spoliation, folklorisation, sédentarisation. Entre enjeux politiques (leur utilisation comme rempart anti-communiste fut décisif dans l’assimilation des Orang Asli à la société malaisienne) et économiques avec la question centrale du bois (comme au Brésil et à Bornéo par exemple). Mais j’aurais l’occasion de revenir sur cette question lorsque je rencontrerai, j’espère prochainement, des aborigènes.


(*) en place depuis le 14/4. Boucle de 23 arrêts.
(**) prononcer R’Kro. 30 mn à l’est de Malacca.


Programme
– Petit déjeuner tardif toujours au Tart & Tart. Pineapple pie, tea (no milk, no sugar), mango juice.
– Bus Panorama pour Malacca Sentral
– Bus 19 pour Ayer Keroh. Déposé face au zoo.
Ayer Keroh, au Mac'Do (c) Yves Traynard 2007– Par curiosité, déjeuner au Mac’Do hallal ouvert 24/24, 7/7 d’une spécialité locale (l’honneur est sauf !) à base de riz et de poulet.
– Visite du musée aborigène consacré aux Orang Asli de la Péninsule.
– Visite du recreational forest.
– Retour en bus pris à l’arrêt de «Malaisie miniature» dont la collection de maisons traditionnelles m’a rebuté dès l’entrée.
– Traîné dans le quartier du Tropical. Plusieurs hôtels Backpackers. Restau indien Medinah bien ventilé.
– Au centre cial, Stand ONG malaisienne. Hope. http://vww.malaysia.hopeww.org (budget 362 kRM / 2006)
– Renseignement sur le prix des appartements neufs : de 50 KRM à 200KRM appartements de 4 ch. en banlieue du petit pavillon accollé au pavillon bon standing (resp. 10 K€ à 40 K€).
– le magazine Expatmalaysia parle du programme gouvernemental MM2H (Malaysia my second home) qui vise à attirer les retraités/rentiers moyennant dépot important de fonds. En échange l’expatrié «silver hair» est autorisé à acheter un bien immobilier et reçoit visa longue durée (10 ans). Voilà une nouvelle forme de tourisme qui vise ici les Anglais ayant longtemps travaillé à Singapour mais qui ne peuvent se le payer arrivé à la retraite à cause du niveau de vie. [les Français ont Marrakech mais pour d’autres clientèles]. Forme intéressante et nouvelle de tourisme que le présent pourrait intéresser pour renouveler l’intérêt de longs séjours.
– Défilé nocturne de Wesak à 21h30. Fête bouddhiste dans la petite ville de Malacca. Chars à lampions, Bouddha, bénédictions, procession bouquets de chrysanthèmes jaunes à la main. Entre carnaval et procession de vierge noire.


Pour citer cet article (format MLA) : Traynard, Yves. « Ayer Keroh ». ytraynard.fr 2021 [En ligne]. Page consultée en 2021. <https://www.ytraynard.fr/2007/04/ayer-keroh/>

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