Avr 292007
 

J’ai visité ce matin le «malay living museum». Ca promettait d’être passionnant : un musée vivant consacré au peuple malais que je cherche depuis mon arrivée. Allais-je plonger dans le quotidien et le présent de cette population.
Déception. Le vieil aristocrate affable qui reçoit le visiteur dans sa splendide demeure sur pilotis blottie dans une boucle de la rivière Malacca n’a rien d’un homme du présent. Son père fut juriste dans l’administration britannique et si sa maison sent l’aristocratie déchue il n’a pour autant rien du malais moyen. Son musée ne s’intéresse qu’au riche passé de sa dynastie où l’on mangeait dans de la vaisselle que papa ramenait de Londres. La découverte vire au people. Visite du roi et de la reine de Malaisie… et du Routard – carte de visite à l’appui – dont on est prié de lire l’éloge in-extenso dès l’entrée si on est français.
L’idée de « musée vivant » pourrait avoir un intérêt dans un tourisme au présent s’il présentait le quotidien d’une famille malaise. Sous quelle forme ? Que montrer ? La machine à laver ? Les chambres ? Le rythme de vie… Est-ce que cela, répété chaque jour ne finirait pas par paraître mortel d’ennui pour l’hôte ? Est-ce que cette rencontre autour du quotidien peut se faire de manière plus informelle ou spontanée ? Qui aurait intérêt/envie de partager son quotidien ? Comment valoriser les deux termes de l’échange ? Visite d’un pavillon, d’un appartement d’HLM vs reconstitution dans un musée ? Quel thème privilégier, comment l’illustrer, montrer l’ordinaire ? Comment décrire un Malais moyen. Quelle est sa profession, vision statique vs vision dynamique. Donner la «moyenne» sans pour autant caricaturer. Présenter des profils types (le salarié du secondaire, l’enseignant ?) Là-dessus pour l’instant j’ai plus de questions que de réponses.


Programme
– Visite à l’île Sentosa par la nouvelle rampe (board walk) qui longe la glauque Malacca.
– Promenade rafraîchissante sur Bukit Cina. Espace vert sacré de la ville. Lu les débats contradictoires sur l’avenir du site a priori gelés. En particulier celui d’en faire un parc d’attraction !
– Lu le New Straits Times du week-end (daté 28/4).
– mort de Ganesh, l’employé indien maltraité. On apprend que la famille employeur n’en était pas à sa première maltraitance. La mort décide le NST de faire enfin la Une de cette sordide affaire.
– protection de la propriété
intellectuelle locale pour encourager l’innovation
– élections in IJOK (petite ville carrefour, je ne comprends pas les enjeux, de la campagne)
– «everybody should save and invest campagne». Minimum d’ouverture de compte maintenu à 2€ pour inciter les jeunes et les plus modestes.
– déjeuner au Vegetarian à l’extrémité de Jonker st.
Mixed color salad, une vingtaine de fruits et légumes crus délicieux. Lait de black soja. Tlj. 9h-16h.
– je suis interviewé par une équipe d’étudiants malais de KL. Thème : Global Marketing de Jonker st. L’interview est destiné à un site internet… (à suivre…). Mon projet les indiffère. Ne veulent entendre seulement que la bouffe est bonne et que les Malaccais sont gentils et cherche des solutions pour toujours plus d’activités commerciales. Jonker Wallk bientôt piéton, couvert d’un toit et climatisé comme les rues commerçantes de Singapour ?
– Cyber café. Skype. 4h30. 13 RM (3€). Revu mon itinéraire en supprimant l’étape de Medan pour tenir compte de ma prolongation à Malacca.
– promenade sur Jonker Walk. Délicieux Cendol. Moins bon qu’au Jonker dessert.
– coucher minuit sous un violent orage dont le tonnerre fait trembler les planchers centenaires de l’hôtel.