Sep 102006
 

Troisième ville du pays derrière Maputo et Beira, Nampula – quand on vient de la côte un jour de gros nuages – respire presque l’air vif des montagnes. Les pains de sucre(*) qui hérissent la campagne alentour y sont sans doute pour quelque chose. Ses larges avenues, ses façades nettes, sa cathédrale immaculée, son centre commercial ultra-moderne, son café Internet flambant neuf, tout ce vernis de dynamisme économique n’arrive pas à tromper le mortel ennui qui s’abat sur la ville un dimanche. De quoi méditer sur le fossé qui sépare Maputo du reste du pays !
Où passer ? Chez Garett jouer une partie de billard avec les jeunes Indiens gominés ? Au Sporting Clube (sic) s’envoyer un double whisky en compagnie des derniers Portugais l’œil nostalgique rivé sur les vestiges sans gloire du mini-golf… très peu pour moi. Plutôt arpenter les grandes salles d’ethnographie de l’imposant musée de la ville. Un musée où il faut lourdement insister pour obtenir un reçu et où le gardien vous propose successivement des monnaies datées 1840, des livres tout droit dérobés de la bibliothèque du conservateur et des pierres précieuses. Je hais ces petites malhonnêtetés de la part de ceux qui ont la chance d’avoir un emploi à vie, un salaire régulier même modeste, une protection sociale et rien à faire de la journée…
L’importun enfin découragé je peux admirer les photographies de José Cabral prises en 1998 sur le planalto de Mueda, l’extrême diversité de l’art makondé et découvrir les objets qui ont fait le quotidien des Mozambicains durant des siècles. Pour du contemporain le grand marché voisin est tout indiqué. J’y fais provision de paniers en paille, de superbes plats en terre cuite et de bijoux dans une ambiance de fête foraine avant de prendre le chemin de l’aéroport. Arrivée à minuit à Maputo, l’heure du crime. Heureusement Zacarias me fait la surprise de m’attendre à l’aéroport et nous rentrons au centre-ville grâce au véhicule de deux sympathiques volontaires réunionnaises qui rentrent d’un week-end prolongé à Ilha.


(*) Les inselbergs («monte-ilha») sont caractéristiques de cette région qui culmine plus à l’ouest à 2419 m (au mont Namúli deuxième plus haut sommet du pays).

Nampula, City from Commercial Center (c) Yves Traynard 2006
Nampula, Cathédrale (c) Yves Traynard 2006
Nampula, Commercial and Hotel Center (c) Yves Traynard 2006


Pour citer cet article (format MLA) : Traynard, Yves. « Nampula ». ytraynard.fr 2021 [En ligne]. Page consultée en 2021. <https://www.ytraynard.fr/2006/09/nampula/>

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