Août 212008
 
J’ai passé en revue les couvertures des deux dernières années du magazine Grands Reportages(*). En juxtaposant leurs titres on obtient un curieux poème riche en promesses mais aux rimes tristement redondantes. Ecoutez plutôt : Maroc intime, Tenerife inattendu, Madagascar : l’île aux trésors, France sauvage : nos paradis perdus, cités mythiques, citées perdues, trésors du royaume, trésors cachés, Adriatique oubliée, Andes inédites… et, je n’invente rien, deux dossiers à un an d’intervalle : Inde profonde et Inde secrète. Grands Reportages mériterait la palme de l’invisible ! Il surfe sans imagination sur la recette éternelle du tourisme : cacher ce monde visible que je ne saurais voir ! Explorer le monde, la devise de la revue, ne peut-elle se conjuguer que sur le mode de l’enchantement et du faux scoop ? Albert Londres et Joseph Kessel maîtres du Grand reportage doivent se retourner dans leur tombe(**).

(*) Grands reportages, 2007 et 2008. Un mensuel pour voyager à la découverte du monde : peuples, paysages, villes de culture et de loisirs, lieux de farniente…
(**) Marc Martin, Les grands reporters. Les débuts du journalisme moderne. Paris, Éditions Louis Audibert, 2005, 400 pages.


Pour citer cet article (format MLA) : Traynard, Yves. « Le monde invisible de Grands Reportages ». ytraynard.fr 2021 [En ligne]. Page consultée en 2021. <https://www.ytraynard.fr/2008/08/le-monde-invisible-de-grands-reportages/>

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