Août 132008
 
D’un ciel à l’autre pareil, passent les rêveurs (*)

Collines de Galilée, terre natale de Mahmoud Darwich (c) Yves Traynard 1987Le rêveur est passé. Mahmoud Darwich repose sous le ciel immense et fracassé de Ramallah. Mais les vers de sa poésie nostalgique et fraternelle s’élèveront longtemps encore comme un doigt accusateur contre les vivants incapables d’une paix juste.

Poèmes.

[A un pseudo-orientaliste]
Que ce que tu crois, soit.
Supposons que je sois stupide, stupide, stupide,

Que je ne joue pas au golf,
Que je ne comprenne rien à la technologie

Et que je ne sache pas piloter un avion !
Est-ce pour cela que tu as pris ma vie pour confectionner la tienne ?

Si tu étais autre que toi, si j’étais autre que moi,

Nous serions deux amis qui reconnaissent leur stupidité…

Le sot, comme le juif du Marchand de Venise,
N’a-t-il pas un cœur, du pain,

Et des yeux pour pleurer ?

[…]

La paix, propos du voyageur en lui-même
Au voyageur venant dans le sens opposé.

La paix, colombes de deux étrangers qui se partagent
Le dernier roucoulement au bord du gouffre.
(**)


(*) Mahmoud Darwich, Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ? Actes Sud, 1996.
(**) Mahmoud Darwich, Etat de siège, Ramallah, janvier 2002. Actes, Sud 2004.