Juin 242010
 
Paris, Belleville (c) Yves Traynard 2010

La manifestation chinoise de dimanche continue d’alimenter le débat. Chacun s’approprie ce qui s’est passé pour donner du poids à sa cause. On est dans la récupération. Aujourd’hui, point de vue de « quelques anarchistes » placardé sur les murs du quartier, tandis que le Conseil d’arrondissement de juin du 20e, tenu à un strict ordre du jour, reste muet sur le sujet(*).

Sur cette affiche, le constat très amer sur la mixité sociale bellevilloise – qui fait les beaux jours d’un nouveau tourisme(**) – n’est pourtant pas dénué de vérité même s’il est un brin exagéré : « Dans ce quartier qu’on nous a toujours vendu comme un berceau du cosmopolitisme et de l’ouverture multi-culturelle (« le melting-pot bellevillois »), ce qui a éclaté ce jour-là ce sont les images réelles de la fermeture communautaire et de l’absence totale de métissage. Il suffit de se balader dans le quartier pour constater que juifs, français, arabes, bobos branchés, chinois et noirs ne se mélangent pas. » Cette manifestation et ses débordements aideront peut-être à définir quel est le fondement de cette injonction au mélange et au métissage, sa nécessité et ses limites.


(*) Conseil d’arrondissement du 24 juin 2010, à retrouver en live sur le site de la Mairie du XXe.
(**) Voir mon billet Ca se visite, mais sans plus, 24 février 2007.


Pour citer cet article (format MLA) : Traynard, Yves. « A Belleville comme ailleurs ». ytraynard.fr 2021 [En ligne]. Page consultée en 2021. <https://www.ytraynard.fr/2010/06/a-belleville-comme-ailleurs/>

  One Response to “A Belleville comme ailleurs”

  1. Je n'ai pas cette vision du quartier. Les gens de toutes origines se mélangent, se cotoient, s'accouplent. Je prends suffisamment de plaisir à regarder la vie du quartier pour constater une très forte mixité. Bien sûr, elle est partielle. Mais je ne vois pas, ici ou ailleurs, de bourgeois prendre l'apéritif avec des ouvriers, tout Français qu'ils soient les uns et les autres. On ne peut pas demander à des gens d'origine culturelle et de langue différentes de passer toutes leurs soirées ensemble.
    Quant à ce papier, de la qualité des pamphlets antisémites des années Trente, il a été collé partout dans le quartier. La haine de soi et des autres donne de l'énergie. L'anarchisme ait toujours fasciné une partie de l'extrême Droite. Sur le fond, il faut lire ce pamphlet pour ce qu'il est, un torchon, au sens où il est torché comme on se torche le derrière. C'est de la merde.

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