Juil 092009
 
Repos au calme dans la fraîcheur de l’hôtel(*). En route, il est bon parfois de laisser refroidir le moteur, de prendre le temps d’approfondir, plutôt que d’accumuler toujours et encore. J’ai donc passé quatre bonnes heures à mettre au propre mes notes concernant Suzhou et Hangzhou avant d’affronter Shanghai. J’espérais les publier d’un cyber voisin. Mission impossible. Tous les ports USB étaient verrouillés, empêchant le transfert de mon texte. Au passage, comme à Baoding, les cybers en question sont plus des salles de jeu d’arcades que des hauts-lieux de l’information ou de la dissidence ! Du reste, le dépôt d’une pièce d’identité à l’entrée aurait tendance à vous faire peser vos mots.
Pour bien débuter à Shanghai, l’Urban Planning Exhibition Center est un passage obligé(**). Comme Tianjin et Pékin, Shanghai expose au public sur pas moins de cinq niveaux ses projets d’urbanisme, dans un superbe écrin contemporain.
On y parle de l’histoire de la ville, mais surtout, autour d’une immense maquette, des réalisations récentes et à venir. Sont présentées entre autres les différents quartiers, les zones protégées, l’inventaire de tous les monuments classés, la question de l’eau, de l’environnement, de l’agriculture, des transports urbains, ainsi que des gares, ports, et aéroports.
Tout ça sent la promotion, la propagande de bulletin municipal. Ça manque d’esprit critique, mais c’est mieux que rien. Notre récent Pavillon de l’Arsenal parait bien modeste en comparaison. Espérons que le projet du Grand Paris – qui ne se fera surement pas au rythme effréné chinois – puisse disposer d’autant d’espace, pour non seulement informer le grand public, mais animer le débat sur une question qui doit être tout sauf du ressort de technocrates.
Sans surprise, l’étage dédié aux expositions temporaires est consacré pendant un an encore à Shanghai 2010, l’expo universelle, avec photos aériennes du site (au sud de Pudong), maquettes du pavillon chinois et des structures permanentes(***). Toute la ville semble vivre au rythme de cet évènement dont le thème « Better City, Better Life » en fera sourire plus d’un. Ce serait oublier que le discours environnemental est très présent en Chine, dans les médias, à l’université par exemple. Et s’il y a loin du discours à la pratique, quoi qu’on en dise, la Chine rattrape lentement son retard en la matière. On ne peut que l’encourager. Si ce pays continue à se développer, ce qu’on ne peut que lui souhaiter dans l’intérêt de sa population, et si chaque Chinois se met à polluer autant qu’un Américain, la planète irait très mal.
J’espère que l’exposition Shanghai 2010 ne sera pas prise en otage comme les JO de Pékin, mais soit l’occasion d’affirmer qu’on partage l’intention, même s’il reste du chemin à faire, par respect pour tous les Chinois qui, de l’ouvrier en bâtiment aux organisateurs, auront travaillé très dur pour faire de ce moment une fête qu’ils ne comprendraient pas qu’elle soit gâchée. Il y a peu de moments où les peuples peuvent communier. Ne les gâchons pas par des motifs aussi nobles qu’ils puissent paraître. Et pour ceux qui se considèrent en désaccord fondamental avec la Chine, rappelons qu’une trêve n’est pas la fin d’un combat, c’est le juste respect entre ceux qui se considèrent malgré les divergences comme de la même famille humaine.

(*) Shanghai Hiker Mingtown Hostel, 450 Jiangxi middle Road. 5€. Ch. de 4. Email : mingtown@vip.163.com.
(**) Shanghai Urban Planning Exhibition Center, People sq., Shanghai.
(***) expo2010china.com,  1er mai-30 octobre 2010.


Pour citer cet article (format MLA) : Traynard, Yves. « A l’ombre de Shanghai ». ytraynard.fr 2021 [En ligne]. Page consultée en 2021. <https://www.ytraynard.fr/2009/07/a-lombre-de-shanghai/>

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