Juil 062009
 
Hangzhou, Thé (c) Yves Traynard 2009Hangzhou, Plantation de thé (c) Yves Traynard 2009
J’avais prévu de me rendre à Wenzhou, l’autre très grande ville peuplée du Zhejiang, surtout connue en France pour sa vague de migrants qui depuis 1980 constitue le gros des Chinois qui s’installent en région parisienne et à qui j’enseignais des rudiments de français du côté de la rue du Moulin Joly l’automne dernier.
C’était sans compter sur les affres du climat et les charmes de Hangzhou qui me retiennent par le guidon. Car depuis hier, comme une liberté nouvelle, je ne descends plus de mon vélo.
Hangzhou, fleuve Qiantang (c) Yves Traynard 2009Hangzhou, fleuve Qiantang (c) Yves Traynard 2009Ce matin j’ai pris la direction des hauteurs où poussent le longjing un thé réputé dont le prix atteint celui de nos meilleurs vins. A la boutique de la plantation, le gramme des meilleures qualités est à un euro.
Ce longjing, je le connais déjà grâce à un de mes étudiants originaire de cette région qui m’en avait offert un sachet à la rentrée et dont j’ai reconnu à la première gorgée la petite feuille entière, vert tendre, presque jaune, bien plane et son goût caractéristique de châtaigne, doux, velouté et dense à la fois.
En roulant par les collines, j’ai pensé à mes amis cyclotouristes au très long court, en particulier à Christine et Eric qui en sont à leur sixième année sur les routes du monde du côté de la Corée(*). J’ai pensé aux joies de la liberté que procure ce moyen de transport mais aussi à la souffrance quotidienne qu’il inflige, les côtes pénibles, l’orage, les voitures, et la déception de trouver porte close au bout de la route, comme ce matin au musée du thé.
Des montagnes très ombragées où j’ai fait une longue pause au Puits du dragon j’ai gagné le fleuve Qiantang, très large avant qu’il ne se jette en mer de Chine orientale. J’ai emprunté deux ponts de la ville pour découvrir la skyline hérissée de tours de la Hangzhou contemporaine, en plein boom immobilier.
Bien sûr de nouvelles questions ont surgi, mais les trente kilomètres en cyclotouriste peu averti des rigueurs semi-tropicales ont un peu réfréné mes ardeurs au questionnement.
Ce sera pour demain.


(*) Le blog de Ballade[sic] à vélo : http://www.balladavelo.net/.