Déc 162008
 

Paris, Monoprix, rue de Belleville (c) Yves Traynard 2008

Après la déclaration de George W. Bush à CNN « J’ai abandonné les principes de l’économie de marché pour sauver le système d’économie de marché« (*) les propos d’Attac ce soir semblaient presque banals. Comme chaque mois à la Maison des Métallos, ATTAC Paris 11ème faisait son ciné-croque(**), une formule en trois temps : un film, un débat et un casse-croûte (bio) grâce à la générosité des participants.
Le documentaire(***), présenté par sa réalisatrice Laure Delasalle avait des accents prémonitoires. Il fut bouclé la veille de la crise financière à l’issue de deux années d’enquête sur l’ampleur abyssale de la dette américaine. Ce témoignage à la fois documenté et humain, cite des économistes (Stiglitz, Roubini, Krugman…) et des hommes et femmes ordinaires qui osent parler, non sans peine nous confiera Laure Delasalle, de l’addiction au crédit. Car le déficit américain est aussi la dette qu’accumule chaque ménage états-unien qui vit largement au-dessus de ses moyens (son taux d’épargne frise le zéro là où le ménage français est à 15%). Les économistes interviewés en 2006-2007 insistaient déjà sur les risques d’une telle dérive. L’étincelle de la crise financière fut l’effondrement de la bulle spéculative et des crédits toxiques adossés. Tout au long du documentaire on découvre des Américains en résistance tel le plasticien Chris Jordan.
A l’issue du film, Dominique Plihon, économiste et président du conseil scientifique d’ATTAC, participait au débat, pour dire ce qui démarque malgré tout les positions de Bush de celles d’Attac en matière économique !
Dominique Plihon est plutôt moins pessimiste sur la crise financière elle-même (par rapport à 1929 le poids des États devrait empêcher les économies de s’effondrer, les dépenses publiques jouant le rôle d’amortisseur) que sur la crise environnementale. Il invite à se méfier de la « croissance verte » cet oxymore toxique. Un changement radical dans le mode de vie est nécessaire pour sortir du rêve américain d’enrichissement infini tout comme est nécessaire une révision du partage salaire-profit, pour que la soupape sociale ne soit pas l’endettement.

(*) Bush : « J’ai abandonné les principes de l’économie de marché », LEMONDE.FR avec AFP | 17.12.08, 12h53.
(**) Maison des Métallos. Film+débat. Chaque 3ème mardi du mois ATTAC Paris 11ème propose une rencontre thématique autour d’un documentaire, suivie d’un débat et d’un temps convivial. Mardi 16 décembre à 19h30 : Le pays le plus riche de la planète est aussi le plus endetté. De New—York à Seattle, une enquête sur l’« ardoise américaine » et son mécanisme pour comprendre la crise des subprimes.
(***) États-Unis, la richesse à crédit, de Laure Delesalle, 2007, 57’, en DVD.

Le pays le plus riche de la planète est aussi le plus endetté. Presque tout le monde dépense plus qu’il ne gagne, les citoyens comme le gouvernement, et le pays tout entier vit au-dessus de ses moyens. Certains annoncent une crise grave. D’autres prévoient une récession en douceur. La classe moyenne dont le niveau de vie diminue s’alarme. Les États-Unis sont-ils le modèle à suivre ? De New-York à Seattle, rencontrant spécialistes et citoyens, Laure Delesalle a enquêté sur « l’ardoise américaine » et son mécanisme.

Pour citer cet article (format MLA) : Traynard, Yves. « La richesse à crédit ». ytraynard.fr 2021 [En ligne]. Page consultée en 2021. <https://www.ytraynard.fr/2008/12/la-richesse-a-credit/>

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