Avr 182010
 
Lyon, Musée des confluences (c) Yves Traynard 2010
De passage à Lyon, le hasard d’une belle journée de grève SNCF m’a conduit du côté du musée des Confluences. Du moins de sa préfiguration, car le musée n’existe pas encore. Ce qui ne l’empêche pas de communiquer, dans son espace information, au pied du chantier. Un chantier situé à la pointe de la presqu’île, au confluent du Rhône et de la Saône.

Rien de lyonnais dans ce musée, si ce n’est les collections, issues du Museum de la rue Boileau, ex-Histoire naturelle, ex-Guimet. Pas moins de deux millions de pièces ! Encore que, ces objets ne soient guère lyonnais non plus, puisqu’ils proviennent des quatre coins du monde non européen.
Ce nouveau musée n’est pas un déménagement, le simple passage d’un écrin à un autre. Ce musée des Confluences est une profonde révision du rôle même du musée. Il se définit pas moins comme un projet culturel pour comprendre le monde et envisage d’aider le visiteur à répondre à trois questions fondamentales : « Qui sommes-nous ? », « D’où venons-nous ? » et « Que faisons-nous ? » « Le musée des Confluences a pour objectif de rendre compte des rapports entre les sciences et les sociétés en insistant sur la pluralité des uns et la diversité des autres. » Pour l’occasion, il a ouvert un département des sciences et techniques, en plus des trois du Museum initial (sciences de la terre, sciences de la vie, sciences humaines).
« Le Musée des Confluences est un musée des sciences et des sociétés. Sciences, parce qu’il est nécessaire de développer la culture scientifique (de la conservation à l’éducation) dans notre société moderne. Sociétés, car il est important de construire le pont entre les sciences et les enjeux sociaux. La science s’inscrit dans la société. Et les sociétés sont aussi polyphoniques » poursuit le manifeste qui promet d’aborder le complexe. « Le monde change et avec lui l’état des connaissances. Traduire la complexité du monde est l’ambition du Musée des Confluences », indique-t-on dans le même document. La programmation hors les murs de la saison nous invite à nous interroger sur l’architecture durable, l’alimentation de la planète, le transhumanisme, la mort, la diversité, l’Afrique au quotidien, l’observation… un début aussi prometteur qu’exigeant en attendant les murs.
Car le nouveau bâtiment semble embourbé entre Rhône et Saône. Ce projet de 210 millions d’euros, financé à 90 % par le département du Rhône, 10 % par la région, voit son chantier s’ouvrir en mai 2005 avec la destruction du boulodrome. Il se heurte rapidement à des problèmes de fondation, avant d’être stoppé 18 mois par le retrait du groupe de BTP Fayat. Vinci vient de reprendre le chantier(**). Avec 6400 m² d’exposition, 100 h de visite, le projet est particulièrement ambitieux et ses objectifs restent novateurs, quoique à rapprocher du Musée des Civilisations de Québec ou du musée parisien de la Villette matiné de quai Branly et de Muséum du Jardin ds plantes. Rien d’étonnant qu’il faille encore attendre au moins 2014 pour visiter un musée des Confluences dans toute sa splendeur muséale et… architecturale. Pour l’écrin monumental, baptisé Cristal-Nuage et conçu par le cabinet d’architecte Coop Himmelblau, je renvoie mes lecteurs à cette vidéo.

Le chantier plus commercial du quai Rambaud et du quartier de la Confluence situé au nord du musée, semble quant à lui sortir de terre beaucoup plus vite.


Pour citer cet article (format MLA) : Traynard, Yves. « Confluences ». ytraynard.fr 2021 [En ligne]. Page consultée en 2021. <https://www.ytraynard.fr/2010/04/confluences/>

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