Juil 222006
 

Pas une ligne. Ni le Monde, ni le Figaro, ni Libération n’ont accordé la moindre attention à la visite officielle du président mozambicain en France. Encore une fois Israël monopolise l’actualité mondiale cette fois pour trois militaires enlevés ! Exit, les vrais problèmes de la planète. Pendant plusieurs semaines, les organisations internationales, les ministères plancheront sur la question laissant tout autre sujet en stand-by. Les pauvres continueront de crever, en silence cette fois. Il y a là une grave injustice sur laquelle il faudra un jour se pencher.
Puisque nos médias ont occulté ce déplacement du président mozambicain je vais essayer de le reconstituer à partir des communiqués de presse de ses hôtes. A regarder de près son itinéraire on peut dire qu’Armando Guebuza a optimisé sa tournée dans l’hémisphère nord.
Lundi il se rendait à Bissau au sommet de la communauté des pays lusophones. Une rencontre entre chefs d’Etats des ex-colonies portugaises qui, faute de moyens, ne semble pas avoir dépassé les déclarations d’intention. En marge de ce sommet la question du Cahora Bassa fut relancée. La rétrocession de cette gigantesque retenue sur le Zambèze a fait l’objet d’un accord en novembre 2005 qui tarde à se concrétiser. Héritage colonial, la production d’électricité mozambicaine est restée sous contrôle portugais à 82%. Sa rétrocession au Mozambique devrait inverser la répartition du capital. Une opération qui coûtera 950 millions de $, la moitié du budget de l’Etat mozambicain. Le Portugal aurait renvoyé la question à Bruxelles (UE) ce qui déplaît au Mozambique.
Bruxelles justement fut la deuxième étape de ce voyage présidentiel. Non point seulement pour serrer la pince au roi Albert, mais pour rencontrer le président de la commission européenne et le commissaire européen au développement et à l’assistance humanitaire. L’Union Européenne est avec les USA le plus gros bailleur du Mozambique.
Cinq projets financés par le Fonds de développement européen (FED) ont été signés:
– 25 millions d’euros pour le projet d’approvisionnement en eau de Maputo
– 4,3 millions d’euros pour le programme de soutien à l’agriculture mozambicaine
– 4 millions d’euros pour le programme des acteurs non étatiques du Mozambique
– 1,5 millions d’euros pour l’étude de faisabilité et plan détaillé pour améliorer les 188 kms de route entre Milange et Mocuba
– 1,6 millions d’euros pour le projet d’approvisionnement en eau et d’assainissement de la Fondation Agha Khan.
Le 20 il s’est rendu toujours avec sa suite au Luxembourg pour traiter des relations bilatérales politico-économiques entre les deux pays. Ensuite visite à la Banque européenne d’investissement et rencontre à la Chambre de commerce où Guebuza présentait aux entrepreneurs les opportunités d’investissement au Mozambique. Après cette étape au Grand Duché vendredi fut consacré à la France. Entretien avec Jacques Chirac, et signature d’un accord cadre de partenariat où la France promet un engagement de 60 à 80 millions d’euros sur les années 2006-2010. Le dîner offert par le Medef s’est conclu par la décision d’envoi au Mozambique d’une délégation de chefs d’entreprise français en 2007. A Paris, Guebuza a rencontré également l’Agha Khan (projets en matière d’éducation et de micro-finances) et Abdou Diouf auquel il a fait part de son souhait de voir son pays adhérer à l’Organisation internationale de la Francophonie au titre d’observateur. Voilà à quoi ressemble concrètement l’agenda d’un président d’un pays très pauvre. Une suite amère de quête de fonds et d’investisseurs néanmoins facilitée par l’image de bon élève des organisations internationales dont jouit le Mozambique.

Aujourd’hui Lucie la cadette de mes nièces se marie. Tous mes voeux de bonheur l’accompagnent au-delà des mers et des continents.


Le site du gouvernement mozambicain
Le compte rendu de l’Elysée
Le compte rendu du MAE
Organisation internationale de la francophonie
Le gouvernement luxembourgeois
La visite en Belgique
Politique africaine sur l’histoire du Cahora Bassa